Leonardo Padura, "L'homme qui aimait les chiens" - Médiathèque Intercommunale - Le Bouscat

homme chiens

Quelquefois, je voudrais que certains livres ne finissent jamais, L'homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura appartient à cette catégorie. L'auteur Leonardo Padura, écrivain, journaliste, scénariste, vit et écrit à Cuba, dans la banlieue de La Havane. Je l'avais découvert par ses romans policiers, avec son personnage inspecteur de police Mario Conde et ses amis. Il racontait La Havane dans sa mélancolie, son dénuement et sa débrouillardise, à travers ses héros desenchantés, floués par la Révolution, mais jamais amers, toujours vivants et solidaires.

L'homme qui aimait les chiens est un « roman historique » qui nous entraine dans la première moitié du XXe siècle,la Révolution Russe ,la guerre d'Espagne. Nous suivons Léon Trotski en exil avec sa famille, dans différents pays et finalement le Mexique où il sera assassiné par Ramon Mercader sur ordre de Staline. Pendant cette errance, Trotski écrit, pense, contacte des responsables politiques pour fonder un nouveau communisme et abattre Staline. Dans cette évocation du bolchévisme défilent l'arbitraire, les trahisons, les simulacres de procés, les mises à mort. Afin de découvrir l'assassin de Trotski, Padura nous entraine du côté de la Guerre d'Espagne vers un combattant et sa mère, militante communiste fantasque qui veut que son fils soit un grand révolutionnaire, et pour elle le meurtre en fait partie. Il fera ses classes au KGB afin d'accomplir sa mission et se servira de tous les subterfuges possibles - dont celui de l'amour pour approcher Trotski. J'ai même l'impression qu'une relation faite de sympathie et de respect s'établira entre eux. Mais on sait la fin de l'histoire !

Pour moi, ce livre est vraiment magnifique, Nous sommes dans l'Histoire sans oublier que c'est un roman, Padura a consulté des archives en Russie car la personne de Ramon Mercader reste trés énigmatique. Aprés avoir purgé sa peine de prison au Mexique, il fera un bref détour par l'URSS. Il est "persona non grata",Cuba accepte de l'accueillir, et c'est sur une plage déserte où il promène ses deux lévriers Barzoï, qu'Ivan, journaliste désabusé, écrivain velléitaire, le rencontre et l'homme aux chiens raconte l'histoire de sa vie.Leonardo Padura entremêle l'histoire de Ramon Mercader, de Trotski et d'Ivan le narrateur qui aprés avoir écouté le récit, se décide enfin à l'écrire et devient ainsi l'écrivain qu'il a toujours voulu être.

Marion (lectrice)